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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 11:14

 

29/08/11 47-

         « Un homme pleure dans le restaurant. »

 

         Personne ne sait pourquoi, alors on s’affaire autour de lui pour essayer de le consoler. Mais rien n’y fait, il pisse des torrents de larmes. Il y a bien sûr le serveur qui n’a jamais vu un homme pleurer de sa vie. Il y a le directeur qui n’a pas fait d’études en psychologie. Et cette femme, sa voisine, qui a souvent fait pleurer des hommes, mais pour celui-ci, elle ne se sent pas responsable.

         Et pourtant, Henri a passé sa soirée à la regarder. Il a trouvé ce visage tellement beau, un rien dissymétrique, qu’il ne parvenait pas à en détacher les yeux. Il a rongé son frein, a fait semblant de s’intéresser à ce qu’il mangeait, mais les bouchées rebelles l’étouffaient. Et puis, surtout, il y avait cet homme auprès d’elle qui lui coupait l’appétit, représentant une barrière infranchissable.

         Bien sûr, il aurait pu se lever et lui sauter à la gorge, mais il paraissait tellement fort d’accompagner une telle merveille, qu’il avait renoncé. Bien sûr, il aurait pu empoisonner ses aliments ou trouver une façon quelconque de le liquider, mais ici, dans un restaurant, c’est plutôt risqué.

         Parfois, au cours du repas, il lui avait semblé que cette femme répondait à ses avances. Mais n’était-ce pas une illusion ? Quand on espère fortement une chose, ne se produit-elle pas ?

         A la fin, il n’avait trouvé qu’une solution : pleurer. Au moins ça le soulagerait. Peut-être l’apitoierait-il ? Ne trouverait-elle pas son voisin pathétique, donc charmant. Et elle sortirait du restaurant à son bras en lui disant que c’est le plus beau jour de sa vie, elle et lui.

         Mais non, elle est sortie au bras de son mari quand elle a vu ce grand benêt qui pleurait. On ne se trouve pas dans une organisation caritative, c’est pas le genre de femme destinée aux œuvres de charité.

         A son départ, le restaurant s’est trouvé subitement vide pour Henri. Il a pris deux décisions : sécher ses larmes et les suivre. Et il les a suivis pas à pas dans les rues de la ville. Ils ont fait des tours et des détours, des allers-retours, ils l’ont entraîné dans des labyrinthes. Ils paraissaient si heureux que leur bonheur claquait somme une insulte. Henri faillit perdre patience, jusqu’à ce qu’ils parviennent dans une église.

         Ils se sont assis pâmés en prières et Henri s’est assis derrière eux. Il a fermé les yeux et a prié lui aussi comme jamais. Car il ne croyait ni en Dieu ni en personne. Et au bout d’une demi-heure, quand il a ouvert les yeux, la femme était toujours là, mais seule. Seule.

         Son rêve s’était réalisé.

         Il s’est approché de la femme et lui a chuchoté.

-         Belle journée pour une rencontre. Vous êtes seule maintenant ?

- Je l’ai toujours été… Je vous attendais. Je vous ai remarqué au restaurant. Vous me regardiez avec tellement d’insistance.

- C’est que je suis tombé immédiatement amoureux de votre visage, de votre bouche, de vos yeux, de… J’étais hypnotisé.

Elle a fondu en larmes, là, sous cette voûte.

-         Vous êtes l’homme de ma vie.

Sa voix était charmeuse.

 

Henri et Mathilda sont arrivés au restaurant. Il n’a remarqué cet homme qu’à la fin du repas. Cet homme qui pleurait…

 

Par norge - Publié dans : nouvelle
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Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 11:33

 

25/08/11 46-

 

         « Les mots sont faits pour ceux qui n’ont rien à se dire. »

 

        

 

Les mots ça sert à rien qu’à embrouiller. Ils trompent, corrompent, violent, car ils ont la multiplicité de l’hydre. Ils ne dévoilent la seule vérité que celle qu’on veut bien leur faire dire. Ils travestissent et ne revêtent jamais le bon costume. Ils sont vampires, ils phagocytent. Il ne fait pas beau sous les mots, ils crient de nuages, ils pètent d’orages. Ils nous réservent toujours une mauvaise surprise. On ne peut se laisser à eux sans qu’ils nous trahissent un jour.

         Alors, avec Marie, nous ne parlions pas. Nous nous explorions en silence, comme des animaux qui se hument, se consolent et se caressent. Son corps était beaucoup plus beau que les mots qu’elle ne disait pas. Nous nous léchions pour prélever des arpents de sel, nous nous alléchions en faisant se lever nos soleils, nous brillions des mille feux de l’autre, quand le reste n’a plus d’importance.

         Nous nous parlions avec les yeux en s’inventant un langage codé, nous nous parlions avec le cœur où coulaient nos ressentis.

         Et puis un jour, Marie a déchiré le silence, elle a rompu ses vœux. Elle s’est mise à éructer une diarrhée verbale qui m’a très vite submergé. J’ai essayé tant bien que mal de juguler l’hémorragie, mais dès lors que la locutrice s’était emparée de la parole, elle ne la lâcha plus.

         Elle m’a fait mille récits où se côtoyaient vérités et mensonges, fantasmes, rêveries, élucubrations. Elle s’inventa un nouveau monde fait de bruits et de fureur où je n’avais plus ma place. J’étais submergé de mots, débordé de phonèmes, englouti sous les phrases, étouffé. J’étais assommé par son verbiage et pulvérisé en infimes morceaux de moi qui se retrouvèrent éparpillés aux quatre coins de l’espace marial.

         Alors, las, j’ai pris mon baluchon et je suis parti sur les routes. Je n’aspirais plus à rien qu’aux plaisirs enfantins du silence. Mais les mots prononcés ont ceci de particulier, qu’ils nous poursuivent dès leur introduction dans nos cornets acoustiques. Ils s’agrippent à nous, s’accrochent comme des lierres en folie et l’on a beau se secouer, il en reste suffisamment pour nous pourrir la vie. Ce sont des pellicules qu’aucune lotion ne parvient à éradiquer. Ils m’ont poursuivi jour et nuit, nuit et jour, sempiternellement, cruellement, gonflant à mes oreilles meurtries, tant et si bien qu’à force de résonnance, ils m’ont rendu fou.

         Et tout ça, évidemment, c’est terminé dans un asile où j’ai tourné avec les autres, sans savoir ni pour qui ni pourquoi. Et souvent, dans cet enfer, elle arrive avec son fouet à boules qu’elle fait claquer dans le vide pour nous impressionner. Marie.

         Et elle accompagne invariablement ses maudits coups de fouet d’un/

         « Silence, je ne m’entends plus ! »

         Et je vais vous dire… J’ai envie de la tuer.

 

Par norge - Publié dans : nouvelle
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Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 10:30

 

22/08/11 45-

         « Quand on donne il ne faut pas s’attendre à recevoir. »

 

         Jeanne et Henri étaient tombés amoureux l’un de l’autre il y avait environ six mois. L’une était issue d’une famille très riche et l’autre miséreuse. L’une avait toujours tout eu, l’autre rien. C’était le yin et le yang, le jour et la nuit, l’huile et l’eau, on pensait qu’ils ne pourraient pas se mélanger et pourtant.

         Pourtant le couple avait atteint un bonheur indicible. Jeanne traînait Henri dans les soirées à la mode où le paraître l’emporte très largement sur l’être. Henri apprenait à Jeanne les choses simples de la vie : regarder la nature, voir croître les fleurs, écouter le chant des oiseaux.

         Ils étaient très différents et en cela s’attiraient.

         Les familles n’avaient pas vu leur mariage d’un très bon œil, l’une considérant qu’on ne se commet pas avec le bas peuple, l’autre qu’on ne mélange pas les torchons avec les serviettes. Mais les deux amoureux leur prouvèrent le contraire et ils firent taire les commentaires négatifs.

         Eux se moquaient de tous ces commérages, il leur importait d’être heureux et de s’aimer en toute simplicité. Chacun avait eu des aventures sans lendemain et ils considéraient que leur union mettait un point d’orgue à leur vie sentimentale jusque là tumultueuse. Bien sûr, de temps en temps, il y eut quelques nuages, des orages parfois, mais ils se trouvaient alors un abri en attendant que le calme revint après la tempête.

         Jeanne voulut un enfant. Henri le lui fit. Il serait beau comme le soleil et aurait des ailes de vent. Ce serait un ange qui les comblerait d’aise autant que leur amour. C’est cela, ce serait le fruit de l’amour. A cette perspective, ils sautaient de joie et l’allégresse leur tambourinait au cœur.

         Pour remercier Henri de ce futur don du ciel, Jeanne voulut lui faire un cadeau personnel. Jusqu’à maintenant, elle n’avait pas osé le combler de richesses, pensant qu’il la trouverait vénale.

         Un matin, au petit déjeuner, près de sa tasse de café fumant, il trouva un petit paquet fermé par un fil doré. Il ouvrit avec fébrilité, se doutant bien que c’était quelque chose d’important.

         Et il la sortit.

         La clef.

         Quand ils étaient passés ensemble devant un garage, Henri était tombé presque en arrêt, pâmé, devant un coupé sport. De couleur rouge, le tableau de bord en ronce de noyer, un fuselage magnifique, elle était splendide. N’ayant jamais pu posséder un tel joyau, même en rêve, il avait passé son chemin. Mais Jeanne avait remarqué son trouble et elle lui avait offert en toute simplicité.

         Passés les premiers instants d’exaltation, Henri refusa un tel présent, se dit que ce cadeau était trop beau pour lui, mais Jeanne trouva les mots qu’il faut pour qu’il ne se sente pas gêné.

-                     Va faire un tour, lui dit-elle, « tout seul d’abord pour mieux l’apprécier et tu m’emmèneras en ballade ensuite.

Henri était fou de ce retrouver au volant d’un tel bolide. Cheveux au vent, lunettes de soleil, il avait l’impression de dominer le monde. Il vanta la générosité de Jeanne et… ne vit pas le virage en épingle à cheveux. La voiture se fracassa contre un rocher et l’occupant décéda sur le coup.

On ne saura jamais si Jeanne lui avait fait volontairement un cadeau empoisonné ou sui elle voulait sincèrement combler Henri de tous les manques qui avaient ponctué sa vie et de toutes les privations dont il avait été l’objet.

Par norge - Publié dans : nouvelle
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Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 09:37

 

18/08/11 44-

 

         « - Je comprends qu’elle se soit suicidée, la malheureuse. »

 

         Elle avait tout pour être heureuse, mais rien n’est facile ici-bas. On se fait des idées, on se trouve moche, inutile, impuissant, on se gave pour se remplir de bonnes intentions, mais la nourriture ne résolve rien. Et patatras ! Ça disjoncte dans sa salle des machines. On est perdu avec toutes les personnes qui vivent en nous, nous tirant à hue et à dia. Et là-dedans, on ne sait pas s’il y en a une de bonne. Parfois, des parties de nous-même veulent sortir et aller voir dans le pré d’à côté si l’herbe est meilleure, mais ils ont posé des enclos partout. C’est terrible de rester sur une impression. Alors, on se cogne aux murs et les parois sont minces, si mines, qu’on peut facilement basculer dans le vide.

         - Il faut aller au-delà du constat. Ce n’est pas avec des pensées comme ça que tu vas aider les gens à s’en sortir.

         - Je te jure, j’ai tout essayé pour la guérir de cette dépression, mais je n’ai pas un tempérament soignant, je ne sais pas prendre soin des autres. Quand ils portent plainte, je me sens gourd devant. Je ne possède ni les mots ni les outils.

         - Bon, ce n’est pas de ta faute, chacun doit porter en soi les remèdes pour s’en sortir. On ne peut pas passer son temps à accuser.

         - Si tu savais comme je me sens responsable. C’est un peu moi qui me suis pendu, tu sais, dans ce pommier en fleurs.

         - Dommage, y’avait pas encore de pommes.

         - T’as raison d’en rire Henri.

         - C’est pour te changer les idées et puis je ne voudrais pas qu’il t’en vienne de mauvaises.

         - J’ai essayé une fois de me jeter du haut de la falaise, mais je me suis fait tellement mal en m’écrasant au sol, que, promis, je ne recommencerai plus.

         - Ce n’est pas un exemple pour les enfants.

         - Ah, tu ne savais pas, ils se sont suicidés eux aussi dans le sillage de leur mère. Je n’ai rien vu venir. Jonathan a pris la voiture, il a roulé comme un fou, jusqu’à leur rencontre avec un arbre.

         - Un pommier ?

         - Un platane. C’est l’espèce du bord des routes.

         - Quelle idée aussi de planter des platanes, ils ne pourraient pas mettre des rosiers, au moins ça embellirait.

         - Oui, mais y’a des épines !

         - On n’a jamais vu quelqu’un mourir d’une piqûre d’épine.

         - Sauf si elle s’infecte ou le tétanos.

         - Bon, je vais te laisser, j’ai de la peine de te le dire, mais tu portes la poisse, y’a des gens comme ça.

         - Je le sais, c’est ainsi depuis le berceau, je ne te raconte pas combien j’ai semé de malheur derrière moi, la liste serait trop longue et je vois que tu n’as pas le temps ou alors tu as peur.

        

Henri sortit de chez Jean. Une tuile se détacha du toit et lui écrasa la tête. Devant cette bouillie d’Henri qui avait fait grand bruit, Jean se gratta la tête.

« Au moins, voilà quelqu’un qui ne se suicidera pas ! »

Par norge - Publié dans : nouvelle
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Mardi 16 août 2011 2 16 /08 /Août /2011 11:02

 

16/08/11 43-

 

         « On le conduisit dans l’une des dernières maisons du village, en haut, à la lisière du bois. »

 

         On était en Bretagne et la maison était habitée par des korrigans ou lutins espiègles. Il n’en avait jamais autant vu durant toute sa vie. Ils étaient partout : autour d’une longue table, dans la cheminée, dans la bibliothèque ou à même le sol en terre battue.

         Il eut du mal à se frayer un passage dans cette foule mouvante et criarde. Les hôtes ne semblaient pas faire attention à lui et jean se dit, qu’après tout, ce n’était pas si terrible que ça. Il déchanta bien vite.

         En effet, quelques-uns, s’avisant de sa présence, commencèrent à l’escalader, lui tirèrent les cheveux et s’éparpillèrent partout sur son corps. On lui chatouillait les narines, entrait dans les oreilles, se plantait dans ses yeux. A un moment, il fut contraint de s’allonger. Des milliers d’êtres grouillèrent alors sur lui et il sentit des milliers de mains s’affairer.

         Jean crut sa dernière heure arriver, lorsqu’il se fit un grand bruit, une voix s’éleva du brouhaha en criant :

Laissez-le tranquille !

Il rouvrit un œil et vit alors une femme géante dont la tête touchait le plafond.

Qui êtes-vous ? demanda-t-il, tandis que les korrigans descendaient en rappel le long de ses flancs.

Je suis la fée Orpaline et je suis très contente de vous voir.

Elle avait accompagné ses paroles d’un sourire engageant.

- Je peux vous libérer des korrigans si vous faites l’amour avec moi. Si vous faites l’amour avec moi, je reprendrai ma forme antérieure, celle d’une villageoise que rien ne prédestinait à devenir une fée. Un mauvais sort m’a été jeté.

- Jean se dit que la demande n’était pas trop difficile à satisfaire. La géante s’allongea en se rencognant contre les murs et il grimpa sur elle avec difficulté. Nous passerons sur les détails techniques de cette étreinte.

A peine avait-il fait son affaire, qu’une douce musique emplit la maison et apparut une femme si belle qu’on pouvait mourir rien qu’à la regarder.

Jean et la femme se consultèrent du regard. Il était tellement ému que des larmes vinrent à ses yeux.

- Je vous remercie, balbutia-t-elle d’une voix douce et charmeuse, « je préfère cette nouvelle peau, je vais maintenant retourner chez les miens, j’emmène avec moi les korrigans et ainsi, ils ne vous importuneront plus.

Ainsi fut fait.

Jean resta seul dans la maison où le silence était effrayant. Il se dit que tout cela avait assez duré et il décida d’aller prendre l’air. Mais hélas, toutes les issues étaient bloquées. Il fut contraint de rester dans cette demeure jusqu’à sa mort, sans visite, seul comme un zombie.

Son enterrement eut lieu dans la forêt, c’était l’ancienne fée qui officiait. Et autour de son cercueil, dansèrent à la tombée de la nuit jusqu’au petit matin, des milliers de korrigans.

Jean s’était dit qu’à vouloir rendre service… surtout fées.

 

Par norge - Publié dans : nouvelle
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Jeudi 11 août 2011 4 11 /08 /Août /2011 09:28

 

11/08/11 42-

         « Il lui arrivait aussi de faire des allers-retours dans les couloirs juste pour croiser sa responsable. »

 

         Elle voulait ainsi tester la théorie sur le hasard ou la nécessité de Jacques Monod. Car on peut se demander si, quand on marche dans la rue, les personnes que l’on rencontre, on aurait dû fatalement les rencontrer ou les croise-t-on par hasard ?

         Vaste question.

         Nathalie, à force de marcher dans les couloirs de son Administration – elle travaillait aux impôts-, tombait au moins une fois par demi-journée sur sa responsable : Mlle Trochet.

         S’ensuivait alors un vague sourire ou arrêt de quelques minutes pour converser.

-         Vous allez bien ce matin, Nathalie ?

-         Très bien et vous-même ?

-         Fatiguée ces temps-ci, je n’aurais pas dû veiller si tard hier soir.

-         La fête ?

-         Non, seule en tête-à-tête avec un livre.

-         Ah !

-         Robinson Crusoë.

-         Ah !

Et c’est ainsi que Nathalie se retrouva un soir chez Mlle Trochet qui ne manqua pas de lui montrer sa bibliothèque où des centaines d’ouvrages trônaient.

-         Je les ai tous lus trois ou quatre fois.

-         Pourriez-vous m’en prêter ? Je n’ai encore jamais rien lu d’important.

-         Comment est-ce possible ?

-                     J’ai décidé de devenir écrivaine depuis toute petite et je ne veux pas être influencée par mes lectures.

-                     Ca se tient.

-                     Je préfère la vie aux romans.

-                     Vous vous privez alors d’une grande richesse, les auteurs font rêver par procuration.

-                     Pour moi ce n’est pas possible, j’ai déjà été écrite.

-                      ?...

-                     Je vous ai menti, je ne souhaite pas devenir écrivaine, puisque je suis le personnage d’un roman.

-                      ?...

-                     D’ailleurs, je pense que vous ne l’avez pas dans votre bibliothèque.

-                     Comment s’appelle-t-il ?

-                     Le roman inachevé.

-                     C’est compliqué à comprendre.

-                     Je vous explique… Je veux savoir si notre rencontre est le fruit du hasard ou si tout était déjà écrit.

-                     Pour vous, il me semble que…

-                     Pas si sûr.

Elles devisèrent ainsi longtemps, à la fin l’une promettant à l’autre d’acheter le roman d’où Nathalie avait été tirée. Ce qu’elle fit le lendemain.

Et dès le début de sa lecture, elle y entra. Mlle Trochet se trouva bien entre les pages et à celle qui était numérotée 102, elle rencontra Nathalie.

-         Notre existence est toute tracée ! S’exclama la chef de service.

-                     Pas si sûr… Normalement, vous auriez dû me rencontrer page 103, mais l’imprimeur, cet imbécile, en a sauté une.

Elles rirent toutes les deux de cette incertitude et elles décidèrent de poursuivre leur aventure à travers les pages.

On les retrouva mortes toutes les deux au bas d’un pont où coulait une rivière tarie depuis la sécheresse sévère que la région avait eu à connaître. Et l’on ne saura jamais si elles se trouvaient là par hasard ou par nécessité.

Attention, toutefois, de ne pas buter sur elles au hasard de vos lectures… On ne sait jamais.

 

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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 09:48

 

08/08/11 41-

         « La casserole bavait de plus en plus une mousse argentée que le poêle absorbait dans un grand bruit de succion. »

 

         Le matin au réveil, il m’a semblé que je me trouvai dans une autre maison que la mienne. Je ne reconnaissais plus rien ni personne. La cafetière ordinairement si docile, m’apparut rétive. Elle fit tout pour retarder la fabrication de mon indispensable breuvage. Elle finit même par déborder et ce fut une petite inondation qui se répandit en mare sous la table. Se voyant, celle-ci se déplaça pour avoir les pieds au sec, mais quand je m’y installai, elle décida une nouvelle fois de changer de place.

         C’est donc, la serpillière dans une main, le bol dans l’autre, que je me mis à penser à la journée qui s’annonçait. Quand ça démarre mal, ça continue à aller de travers. A commencer par mon bol qui s’agita dans d’inquiétants tremblements, jusqu’à ce qu’il s’échappe de mes mains et se fracasse sur le sol. Voyant son voisin agir comme bon lui semblait, la serpillière pleine de café s’enroula à mon cou et j’eus toutes les peines du monde à m’en débarrasser, tout proche même à un certain moment de me faire étrangler.

         Sorti du mauvais pas, j’allai chercher la pelle et le balai dans la réserve, mais ils s’étaient tellement bien planqués que je mis une demi-heure à les trouver. Ils se tenaient serrés l’un contre l’autre et riaient sous cape dans la pénombre.       

-         Ah mes gaillards, fis-je, « allez faire vos saletés ailleurs ! »

Et je les saisis par le manche sans autre forme de procès. Mais alors que nous arrivions devant les morceaux de glace éparpillés, en quelque sorte voilà qu’ils se mirent en grève. Ils refusaient d’exécuter un travail aussi avilissant. Je dus user de tout un trésor de psychologie pour qu’ils acceptent enfin de se mettre au boulot. Je lâchai une augmentation de salaire et la semaine des 35 heures.

Quand enfin, tous les morceaux furent ramassés, il se produisit un brouhaha général et je compris, dans la confusion, que les objets voulaient un enterrement digne de ce nom pour le bol infortuné. Moi, j’étais prêt à le jeter dans le vide-ordures. Ce que d’ailleurs je fis, mais celui-ci me les rendit aussitôt. Le tout assorti d’une voix gutturale de désapprobation venue de ses profondeurs. Comme s’il me reprochait de ne pas trier mes déchets et de lui livrer n’importe quoi sans discernement. « On commence par jeter n’importe quoi et on finit par jeter n’importe qui… »

Ils eurent tous raison de moi. Je mis les morceaux de bol dans un sachet, descendis au jardin et là, lui creusai une tombe où je l’ensevelis pour un repos bien mérité.

Ce fut à ce moment que je vis du sang sur mes mains. Avant de partir pour l’au-delà, il s’était vengé, me rendant vraisemblablement responsable de sa mort. J’eus à peine le temps de me faire à cette idée, que je reçus de grands coups derrière la tête. Les outils de jardin m’avaient attaqué.

Maintenant je ne sais plus dans quel état je suis. Je ne sais même pas si je pourrais retourner dans cette maison où ils sont tous ligués contre moi. Je me doute même qu’à ma mort, le cercueil refusera de m’accueillir en son sein.

Objets inanimés avez-vous donc une âme ?

 

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Jeudi 4 août 2011 4 04 /08 /Août /2011 09:49

 

04/08/11 40-

         « Alors on lui amena des petits enfants, afin qu’il leur imposât les mains et priât pour eux. »

 

         Il avait un appétit d’ogre et la barbarie l’habitait. Alors, tous les petits enfants qu’on lui amenait, il les mangeait.

         C’était un roi fou, pire encore que Gilles de Rais, qui régnait sur un royaume imaginaire, au fin fond d’une région désertique. Là-bas, une intense famine sévissait et de nombreuses personnes étaient obligées de faire des enfants pour s’en nourrir. Il faut dire que c’était une étendue de sable à perte de vue et rien n’avait jamais poussé sur ce sol ingrat.

         La reine n’avait pas voulu connaitre cette douleur extrême : le sacrifice des fruits de ses entrailles, aussi était-elle restée stérile. Elle haïssait ce roi fou, mais elle était tellement attirée par le pouvoir, qu’elle l’avait épousée. Elle imaginait avec horreur les enfants qu’elle n’avait pas, livrés à l’insatiable appétit de son mari et bénissait le ciel de ne pas en avoir. Par contre, elle ne répugnait pas à lui livrer les marchandises des autres. Dans ce royaume, disons-le, régnait la corruption et la perversion, en un mot : l’amoralité. La reine avait des centaines d’amants qu’elle fréquentait sans honte aucune. Tout avait commencé, quand le roi prit des allures de sumo provoquées par les nombreux enfants qu’il avait ingurgités et qu’il devint incapable de l’honorer.

         Et il arriva ce qui devait arriver : elle attendit un enfant. Elle ne connaissait pas exactement le nom du père, tant d’hommes ayant monté sur son ventre, mais quelle importance après tout. Au début, elle cacha son état au roi, mais passés les six mois de grossesse, elle dut lui avouer la vérité. Il entra dans une colère démesurée, non pas à cause de ne pas être le père, mais de devoir être obligé de manger son propre enfant.

-         Que diraient mes sujets si je faisais une telle exception ?

-         Je vous interdis d’en toucher un seul cheveu.

La détermination était telle, qu’il dut l’enfermer jusqu’à l’accouchement, avec une surveillance de tous les instants, car il savait prête à toutes les extrémités. La reine passa des heures horribles dans l’attente dont l’issue lui semblait fatale. Mais elle se dit qu’elle aurait encore un an après sa naissance pour trouver une solution. En effet le roi appréciait cet âge où la viande est tendre et délicate, le fumet exhalé le plus exquis.

L’enfant parut.

Le roi en prenait grand soin et il avait libéré sa femme qui restait en résidence surveillée afin de pallier le moindre de ses écarts. Il permettait tout juste qu’elle soit visitée régulièrement par ses amants qu’on prévenait des risques qu’ils prendraient à l’aider dans un éventuel sauvetage de Théodore.

Théodore grandit. L’on sait que souvent les gènes se transmettent de père en fils et il était lui-même doté d’un appétit féroce, aidé en cela par des dents qui lui poussèrent très tôt. Il atteint ses un an.

Le roi le fit venir dans la salle du trône où de nombreux sujets triés sur le volet avaient le privilège d’assister au repas du roi.

-         Approche mon enfant, fit-il d’une voix douce et rassurante.

L’enfant rampa à quatre pattes près de son père.

Le roi le prit dans ses bras, ouvrit la bouche et… ce fut son fils qui le dévora.

 

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Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 12:26

 

01/08/11 39-

         « Nous avons donc fait la guerre, notre guerre, avec des rôles différents et des fortunes diverses. »

 

         Quelle saleté la guerre ! S’est exclamé Prévert et il avait bien raison. On ne peut s’imaginer les dégâts qu’elle provoque pendant et longtemps après. Elle nous mitraille l’âme et laisse des trous béants dans nos corps à jamais mutilés. Jusque dans les traces aux champs d’honneur, sur les arbres et même elle perce le soleil si on y regarde de près.

         Mon ami jacques était un haut-gradé et moi, simple troufion. Nous avons combattu de longs mois sur des fronts différents. Nous nous écrivions des lettres de sang et de larmes, de bombes et de mitraille, qui déchargeaient pour un instant nos regrets pesant si lourd sur le cœur. Il se plaignait souvent d’avoir des ordres injustes à donner, mais il s’y résolvait avec toute la rigueur militaire. Ils ne doivent pas se poser de questions ces gens-là : défendre la Patrie coûte que coûte et un point c’est tout.

         Moi, la Patrie, je trouve cela très réducteur ; ce n’est pas parce qu’on est né au hasard sur un coin de terre, qu’elle nous appartient pour l’éternité. Il faut savoir partager. Alors, imaginez quel calvaire c’était pour moi d’avoir à mourir pour la Patrie. Mais bon, nous étions des milliers dans ce cas et il fallait faire avec.

         J’ai réussi, avec d’infinies précautions, à ne tuer personne. Quand j’avais un ennemi au bout du fusil, je détournais l’arme imperceptiblement et mes balles passaient à côté. Ceux d’en face devaient en faire autant, puisque je suis toujours en vie.

         Six mois plus tard, je retrouvai Jacques sur le théâtre des combats. Il avait été nommé commandant en chef de la bataille qui nous occupait. Je me mis donc sous ses ordres.

         Nos retrouvailles ne furent qu’effusion et aboiements de joie. Nous étions en vie tous les deux et la vie était belle.

         Un jour, il m’emmena en mission avec lui, c’est là qu’il a commis l’erreur. Y’avait un jeune gars d’une vingtaine qui pissait tranquillement contre un arbre. Jacques m’a ordonné :

         « Tue-le ! »

-         Pourquoi ?

-         Parce que c’est la guerre et que c’est un ennemi.

-         Il a bien le droit de pisser tranquille, ça ne va pas changer l’ordre des choses… je tirerai quand il aura terminé son affaire.

Il termina, son arme toujours à terre.

-         Vas-y maintenant !

Comme d’habitude, j’ai fait semblant et ma balle l’a juste frôlé. L’ennemi a ramassé son arme et a pris les jambes à son cou.

Jacques l’a alors tiré comme un lapin. Il est tombé face contre terre.

Je ne sais pas ce qui m’a pris devant cette scène. Un mouvement réflexe. J’ai tiré sur mon ami qui s’est écroulé lui aussi. Dans un souffle il a murmuré :

-                     J’aurais passé ton cas sous silence, je ne t’aurais pas oublié en cour martiale devant le tribunal militaire.

Puis il a fermé les yeux et je me suis recueilli sur sa dépouille, c’était le moins que je devais à mon ami. Mais je le jure, c’est la seule fois où j’ai tué un homme.

 

Par norge - Publié dans : nouvelle - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 08:53

 

28/07/11 38-

Landrezac (Presqu’île de Rhuys) de Jean-Jacques EGRON


         César a dit dans la Guerre des Gaules : « C’est une terre bénie des dieux. » Yvonig venait d’emménager dans une maison à Landrezac (une longère restaurée entourée d’hortensias bleus et rose), près de Sarzeau, sur la presqu’île de Rhuys. Au loin mais tout proche, on apercevait l’océan atlantique. À gauche, Penvins et sa chapelle octogonale ceinte par les flots, à droite, Beg Lann et son promontoire rocheux, et au milieu, la plage de Suscinio, son château fort restauré, dans les marais. En face, barrant l’horizon, Houat (le canard) et Hoëdic (le caneton), un zeste de Belle-Île par temps clair. Une côte criblée de blockhaus heureusement partiellement ensablés. Des voiles, papillons aux ailes repliées posés sur une fleur bleue. Le décor était planté. Tout était en place.

         Il aurait fallu peindre tout ça, d’ailleurs ça tombait bien : Yvonig était peintre. Il posa son chevalet sur un coin de pelouse. Les vagues chantaient, balancées par le vent, l’iode distillait son parfum ;  au loin, dans les marais, des bernaches, des hérons cendrés ou des ibis échappés du parc zoologique de Branféré, devaient patauger. Il entendait leurs cris déchirer l’espace.

         « Le soleil est venu se coucher chez moi », se dit-il, alors qu’il regardait une escouade de mouettes rieuses griffer le ciel encombré de nuages dessinant des paysages. Un bateau longea le toit d’une maison, il le suivit plusieurs minutes du regard, puis l’embarcation bascula derrière l’horizon diapré. Des teintes rose bleutées incendiaient les nuées.

         Il aurait fallu rendre ces rares couleurs. Le peintre chercha un mélange adapté, celui qui se rapprocherait le plus de ses visions du moment, mais il n’y parvint pas. C’était tout juste s’il ne se mit pas à pleurer d’impuissance, d’autant qu’il n’arrivait pas non plus à fixer la scène qui s’étalait devant lui. Elle était trop intense et son talent insuffisant.

         Tout se refusait à ses pinceaux. Alors il décida de peindre Mathilda qui perdurait dans ses souvenirs. Elle était partie un beau (?) matin avec Mathéo, leur petit garçon de deux ans, et avec ses cliques et ses claques (une grosse claque d’ailleurs en plein visage) et elle n’eut pas un regard pour son grand corps malade. Mais c’est un des pouvoirs de l’artiste, il peut rappeler qui il veut, quand il veut, si ça lui chante.

         Il commença par ses longs cheveux blonds bouclés, puis entreprit l’ovale du visage. Il essaya de dessiner ce sourire qu’il lui avait vu bien souvent, mais lui aussi se dérobait. Le peintre sut qu’il était désormais trop tard. Mathilda était dissoute à jamais. Cette fois, il pleura vraiment.

         « Alors que peindre ? » se demanda-t-il, tandis que le soleil avait gagné le royaume des ombres, « cette lune naissante et son cortège de silhouettes qu’elle avait créées par son apparition ? » Elle était trop changeante, trop… lunatique si l’on peut dire. Les pinceaux du peintre étaient suspendus, comme s’il avait peur d’aborder la toile, comme si eux s’angoissaient à l’idée d’affronter l’inconnu.

        

Il dut s’endormir. Et se mit à rêver. C’était un rêve merveilleux où Mathilda et Mathéo revenaient sur une barque, ramenés par les flots.

         Il tira l’embarcation sur le rivage ; la femme et l’enfant ruisselaient et tremblaient dans le vent. Leur corps nu frémissait et le peintre leur passa une veste pour les réchauffer.

         «  Nous avons fait un long voyage, nous avons visité des pays exotiques où les fruits s’offrent aux branches ployées, où la nature est si dispendieuse qu’on ose à peine lui prendre ce qu’elle nous prodigue, où les gens sont si accueillants qu’on doit les fuir pour ne pas leur être redevable. Nous nous sommes enfruités au miel des rayons du soleil. Vois comme Mathéo a grandi. Maintenant nous aimerions de nouveau rester quelque temps avec toi » , dit-elle, « si tu me dis exactement combien de litres d’eau contient la mer. »

         « Mais ce que tu me demandes est impossible. Il faudrait plus d’une vie pour trouver la juste mesure. »

         Mathilda s’enferma dans une moue boudeuse.

         « C’est cela ou rien d’autre ! »

         Alors le peintre posa son chevalet sur le sable de cette plage qui s’étalait du Tour du Parc au port du Crouesty, et se mit à peindre l’océan. Il commença à peindre les milliards de litres d’eau sans compter ses efforts, mais plus il peignait, plus il en arrivait de nouveaux surgis de partout. Bientôt, il fut submergé par les vagues et l’eau lui monta jusqu’à la ceinture. Il finit complètement englouti.

         « Je vais arrêter de peindre », se dit-il, tandis que Mathilda, Mathéo dans les bras, dansait en émettant des petits cris d’animal blessé. Mais il ne pouvait pas s’arrêter, pris dans une frénésie proche de la folie et ce fut une inondation totale du paysage, de la toile et du peintre. Sa femme et son fils s’étaient évaporés. Devant le destin inéluctable, le peintre se dit :

« Je veux qu’on m’enterre dans la mer. J’veux que mon corps mort flotte et nage quelques instants, puis coule en piquée sur un lit d’algues. J’veux qu’on m’enterre dans la mer, que les oiseaux me fassent escorte et que le diable m’emporte au fond de l’eau. Ô eau, pente liquide, rumeurs de vide, sois douce à mes os. J’veux qu’on m’enterre dans la mer, tout près des poissons qui deviennent volants, puis oiseau-lyre, que mes cendres reposent sous la charpente humide, et rester là des immensités de temps. J’veux qu’on m’enterre dans la mer, au chaud tranquille, que le rond que je ferai dans l’onde lui aussi disparaisse ; plus une ride, les bateaux seront mes tombes et que plus personne, au grand jamais, ne vienne me chercher. »

Il ne savait plus peindre rien de terrestre et, à cette idée, il préférait mourir.

Mais tout ça n’était heureusement qu’un rêve… Il allait bientôt reprendre pied dans la réalité.

 

 

Monsieur Potiron, un agent immobilier, n’avait pas de mots assez beaux et variés pour décrire la propriété qu’il faisait visiter.

« Vous avez une vue imprenable sur l’océan, vous trouverez là le théâtre propice à votre inspiration de peintre. »

« Mathilda, qu’en penses-tu ? » demanda Yvonig.

La jeune femme était surtout préoccupée par le bébé qui attendait dans son ventre, mais la maison avait de quoi séduire.

« Je crois que nous y serons bien », fit-elle au bout d’un moment, accompagnant le tout d’un léger sourire, « et Mathéo aussi. Et puis, comme tu le sais, j’adore les hortensias. »    

Par norge - Publié dans : nouvelle - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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