Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Catégories

Rechercher

Syndication

  • Flux RSS des articles

Présentation

Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 19:03

 

02/02/2012 71-

 

« - Quelle est donc votre maladie ? »

 

« C’est grave, docteur ? »

 

Jean se posait souvent cette question.

 

Il était régulièrement animé de tremblements, les battements de son cœur s’accéléraient anormalement, il sentait passer dans tout son corps des ondes électriques qui le laissaient, en fin de compte, exténué et au bord de la rupture. Il avait consulté plusieurs généralistes et bon nombre de spécialistes, on lui faisait toujours la même réponse : vous n’avez rien (en tout cas rien de visible). Il fallut alors se tourner vers le psychosomatique, ce qu’il fit, mais le psychiatre qui le reçut à diverses reprises, ne réussit pas à poser de diagnostic. Jean n’en pouvait plus de se sentir dans cet état de latence où il alternait les périodes de cœur gai et les moments d’angoisse où ses jambes flageolaient.

 

Bon… Il examina la situation. « J’ai rencontré Bérénice il y a peu, pour l’instant nous vivons un bonheur sans nuages, alors pourquoi serais-je malade et surtout : de quoi souffrirais-je ? »

 

C’est sont neveu de huit ans qui lui apporta la réponse. On connaît le proverbe… mais cette fois Jean eut l’occasion d’en vérifier la véracité.

 

Il avait amené le gamin au zoo et ils s’étaient arrêtés au rayon « singes ». Les bonobos faisaient des pitreries et passaient beaucoup de leur temps à rendre hommage à bon nombre de leurs congénères.

 

Évidemment, l’enfant se montra fort intrigué.

 

- Dis tonton, qu’est-ce qu’ils font les singes ?

- Euh… Ils font l’amour.

- C’est quoi : faire l’amour ?

- C’est quand deux êtres s’aiment tellement que ça « colle » bien entre eux, que leur cœur fait boum-boum et qu’ils veulent être toujours ensemble.

- Et pourquoi ils tremblent ?

- C’est comme s’ils avaient de la fièvre, vois-tu fiston, on peut dire qu’ils sont…

« Malades »

 

Il s’arrêta net dans sa phrase. Il avait enfin trouvé de quoi il souffrait : de la maladie d’amour. Une maladie terrible si on y pense, car elle vous met dans un lamentable état de dépendance l’un de l’autre. Il vit Bérénice en pensées et il put à loisir l’agonir, la rendant responsable de son mal.

 

Mais il est logique de penser que tout homme malade veuille guérir. Son premier but allait donc devenir de guérir de Bérénice. Il la vit moins, l’embrassa moins, lui fit de moins en moins l’amour. Et il arriva ce qui devait : elle tomba dans les filets d’un autre homme.

 

La maladie de la jalousie est encore plus terrible que la maladie d’amour, elle surgit d’ailleurs souvent en corollaire. Jean n’eut plus qu’une pensée : guérir de sa nouvelle maladie. Et quelle meilleure solution que de faire disparaître l’objet de cette jalousie ?

 

Il tua bérénice.

 

La prison guérit de bien des maux. C’est ce qui arriva à Jean Brot. Derrière les barreaux, il se sentit enfin libre et complètement… guéri de Bérénice. 

Par norge - Publié dans : nouvelle
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Recommander

Texte Libre

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés